La leçon de piano

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La leçon de piano

Message par Marie Pons le Jeu 30 Juil - 20:13

Une image exceptionnelle. Une nature sublimée dans sa désolation et dans sa froideur. Une bande son inoubliable et magnifique.
La leçon de piano est certainement un des plus grand film de la réalisatrice. Jouant avec beaucoup de subtilité entre des dualités multiples (celle de deux hommes de la vie d'Ada, celle du mode de vie des indigènes et des colons ou encore le vacarme incessant des commères opposé au silence d'Ada), Jane Campion donne un nouveau regard sur la différence et la "marginalité" qu'elle cerne si bien. Encore une fois les corps et la voix off (début et fin film) sont utilisés pour incarner le désir et les pensées et fantasmes. Les acteurs principaux sont à la hauteur de leur rôle et apportent de l'intensité et du poids au silence. Les thématiques de la réalisatrice, toujours proches dans les deux précédents longs et dans les courts, sont encore une fois abordés et appréhendés de manière différente tout en donnant à son oeuvre une cohésion et un esprit à part. Pour la première fois, la réalisatrice tente la "reconstitution" historique et réussit le pari.

Marie Pons
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Re: La leçon de piano

Message par Georgeslechameau le Jeu 6 Aoû - 1:37

LLDP s'étiquette clairement "film de meufs" dans sa vision ultra féminine de la relation amoureuse, de la passion, du désir, de l'homme.
Celui-ci y est d'ailleurs comme une merde, d'un coté objet de désir, de l'autre à peine considéré - les deux consumés d'amour pour La Femme.
Cette vision assez gynécentrée pourrait s'apparenter à la prétendue misogynie d'un film tel que Shame. Mais comme pour le film de Steve McQUeen, s'arrêter à cela serait passer à coté d'un film plus subtil qu'il n'y paraît.

Déjà parce que la réalisatrice possède cette sensibilité ultra-aiguë qui capte la délicatesse sous la brutalité et rend belles ces choses improbables (enfin, pour un mec) comme ce personnage de l'ours absolu mais vraiment très sensible (Baines); les réactions cheloues de l'autre gars (Sam Neill, génial en gros looser) comme mater au lieu d'intervenir, ou "faire confiance". Holly Hunter quant à elle, est assez incroyable dans son jeu toujours à la limite du cabotinage car ultra-expressif;
En totale fusion avec leur rôles, les acteurs donnent une crédibilité certaine à des personnages pourtant cons comme des boutons de manchettes; l'histoire du trio n'a guère plus de consistance qu'une vulgaire romance adolescente, pleine d'indécision et d'hésitations, mais aussi de passion, de cul, et de réactions complètement stupides - AH tiens, comme dans LOVE mais en moins explicite et masculin quoi.
Pour rapprocher LLDP de UAÀMT, j'ai trouvé que la sensibilité de Campion-réalisatrice illustrait par la mise en scène une histoire somme toute assez puérile... Ce qui m'a fait pensé à la façon dont la poésie de Janet Frame se nourrissait de l'inexpérience amoureuse (et sexuelle) de son auteure.

l'absence de désir est intelligemment suggérée ici par "l'arbre desséché" autour de la maison de Stewart; une métaphore qui semble beaucoup plaire à Campion --> Sweetie.
Puis concernant la musique, j'ai beau détester le piano dans les scores de films mais là, le thème principal est ultra-entêtant et du genre de ces musiques iconiques qui t'expriment immédiatement un truc ! Ici, la meuf qui sait pas ce qu'elle veut :-)

Sinon, il y a dans la réalisation cette façon de magnifier cette histoire d'amour via la représentation d'une communion entre l'humeur des personnages et l'atmosphère naturelle environnante (fun: j'avais déjà dit cela à propos de Still The Water, présenté à Cannes l'année de Campion présidente). D'ailleurs, donner une vraie présence aux maoris, qui justement semblent vivre par cette relation avec la nature autant qu'ils sont dépouillés par les "étrangers" me paraît très significatif de cette volonté de capter l'essence d'une telle communion. À creuser.

Enfin, cette fois, les ellipses Campion-iennes que je trouvais dégueulasses depuis Sweetie semblent avoir trouvé une raison d'être: ici, associées à l'idée de répétition d'un instant significatif mais masquant la conséquence d'un geste final toujours plus entreprenant, elle construisent par le non-dit la passion entre les persos, jusqu'à mener aux deux climax du film
Spolier:
Keitel zizi dehors et Chopchop Ada

La Leçon de Piano 8,3/10

Georgeslechameau
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Re: La leçon de piano

Message par PaulGaspar le Lun 24 Aoû - 18:46

La Leçon de Piano est le chef-d'oeuvre de Campion et sûrement un chef d'oeuvre tout court du septième art.
La réalisatrice parvient à sublimer la sauvagerie de la nature et l'austérité des personnages afin de les fondre dans une expérience sensorielle et émotive unique.
Comme à son habitude, Jane Campion parvient à dénicher des actrices inconnues (Holly Hunter et surtout la jeune Anna Paquin) qui livrent une prestation époustouflante.
Le décor et la bande-son (une des plus belles qui m'ait été donné d'entendre) ajoutent à cette atmosphère à fleur de peau, oppressante et moite durant un instant avant une libération toujours éphémère. Un classique
Note : 9,5

PaulGaspar

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